Troisième séance – Séminaire des boursier-es d’études supérieures du CRÉ

Quand :
2 juin 2026 13 h 30 – 15 h 00
Où :
Salle 309, CRÉ, mode hybride
2910 Édouard-Montpetit, Montréal

Vous êtes invité-es à la troisième séance de l’édition 2025-2026 du Séminaire des boursier-es d’études supérieures du CRÉ.

À l’occasion de cette séance, France Lacharité  et Nohémie Bokuma présenteront leurs projets de recherche. Chaque présentation durera environ 20 minutes et serait immédiatement suivie d’une discussion d’environ 25 minutes.

L’objectif du Séminaire est d’offrir à nos boursier-es des conseils et des critiques constructives afin de les aider à renforcer leur projet de recherche. Il s’agit également de leur donner l’occasion de s’exercer à livrer une présentation selon un format comparable à celui des colloques universitaires. Nous espérons que vous serez nombreuses et nombreux à participer à cette activité, que nous souhaitons particulièrement formatrice!

Au programme :

        1) 15h00 – 15h45 – Présentation d’France Lacharité, doctorante en études du religieux contemporain à l’Université de Sherbrooke sous la supervision de Bertrand Lavoie (UdeS), Marc Dumas (UdeS) et Louise La Fontaine (UdeS).

Composer avec la finitude: limites, vulnérabilités et sens dans les soins de fin de vie pédiatriques.

Accompagner un enfant gravement malade jusqu’à son dernier souffle et soutenir ses proches est difficile existentiellement pour le personnel soignant, qui doit composer avec une médecine pédiatrique qui tente d’allier l’art (l’accompagnement) et la science (les avancées techniques) et où les prises de décisions sont complexes. Selon Canouï (2016), « [d]es soignants assument parfois de façon répétitive des décès de nourrissons, d’enfants, d’adolescents. Certains de ces décès font suite à des décisions de ne pas aller plus loin dans les traitements. Savoir s’arrêter, savoir ne pas ou ne plus entreprendre devient parfois une marque d’humanité » (p.347). Dans ces contextes, ils doivent composer avec différentes limites (humaines, relationnelles, technologiques, sociétales, culturelles, juridiques et déontologiques) qui peuvent les exposer à leur propre vulnérabilité. Comment font-ils pour naviguer dans ces contextes de finitude (limites, impasses, vulnérabilités) et quels sens font-ils du travail qu’ils accomplissent ? À partir d’observations de type shadowing auprès de cinq professionnels de la santé, ainsi que de plus de trente entretiens semi-dirigés avec une variété de professionnels de la santé (médecins, infirmières, travailleurs sociaux, psychologues, intervenants en soins spirituels) travaillant sur différentes unités de soins, nous souhaitons aborder l’expérience des soignants lorsqu’ils accompagnent des enfants et leur famille dans des parcours de soins avancés et font face à la perspective de la mort d’un enfant. Cette communication vise à explorer les défis liés aux soins de fin de vie pédiatriques en présentant les résultats préliminaires de nos observations et de nos entretiens.

      2) 15h45 – 16h30 – Présentation de Nohémie Bokuma, étudiante à la maîtrise en science politique à l’université Concordia, sous la direction de Jonathan Martineau (Concordia) et Stephanie Paterson (Concordia).

Examiner et identifier les lacunes des politiques canadiennes et la manière dont elles interagissent avec la violence numérique fondée sur le genre 

La violence numérique fondée sur le genre au Canada est en hausse et se matérialise même au-delà de l’Internet et dans notre monde réel. Alek Minassian a été reconnu coupable d’une attaque à la camionnette à Toronto en 2018. Celui-ci a été décrit comme étant l’incident le plus meurtrier lié au mouvement incel (Beckett 2021), un sous-groupe du réseau de la manosphère, où des groupes d’hommes sont persuadés « que les femmes utilisent leur pouvoir sexuel pour dominer socialement » (Basu 2020). Ainsi, à travers une analyse de cette dimension émergente de la violence misogyne numérique, ce mémoire de recherche du second cycle examinera comment les politiques canadiennes interagissent avec la violence numérique fondée sur le genre et avec la radicalisation sexiste des jeunes hommes en ligne, et critiquera également les technologies qui facilitent la violence numérique fondée sur le genre.  La question principale se crée à partir de l’observation suivante: les sentiments partagés par certains internautes, soit le sentiment de faire partie d’une communauté, la liberté et l’anonymat et les « différences entre les web hosts » (Ganesh 2018, 38) et l’absence de réglementation unifiée, le tout fragilisant la sécurité numérique des femmes. Alors, en permettant alors aux  groupes tels que ceux issus de la manosphère de migrer d’une plateforme à une autre, échappant ainsi à la menace de fermeture de leur communauté numérique et maximisant leur promotion d’une culture numérique misogyne, on remarque alors une vulnérabilisation de la sécurité numérique des femmes.

À travers cette analyse, les questions suivantes émergent, soit sur l’éthique derrière les pratiques courantes (et les politiques qui les gouvernent) des plateformes telles que Reddit, 4Chan, Meta et X (Twitter), la gouvernance et l’éthique des technologies avancées et de l’intelligence artificielle de ces plateformes et finalement, la question du pouvoir acquis et du profit généré par ces compagnies au détriment des femmes.

Animation : Kristin Voigt (McGill).

Pour y participer par Zoom, c’est ici (ID de réunion: 704 532 7051; Code secret: 9Me2EW).

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