Appel à communications – Résistances et utopies passées, présentes et à venir
Appel à communications : Résistances et utopies passées, présentes et à venir
Dans un contexte international marqué par la progression des extrêmes droites et par des menaces croissantes pesant à la fois sur la pensée critique, la recherche, les libertés académiques et les acquis féministes, la deuxième édition du Congrès de philosophie féministe francophone qui se tiendra le 9 et 10 novembre 2026 au Campus Condorcet à Paris entend mettre en lumière les résistances et les utopies féministes, passées, présentes et à venir.
Alors que ces menaces affectent particulièrement les études féministes et de genre ainsi que, plus largement, les sciences humaines et sociales, la philosophie féministe connaît, dans les espaces francophones, un essor significatif. Celui-ci se manifeste notamment par l’intérêt soutenu qu’elle suscite auprès des étudiant·es – comme en témoigne la multiplication de séminaires et de journées d’étude – ainsi que par un dynamisme éditorial croissant.
C’est dans ce contexte, et dans le prolongement du premier Congrès de philosophie féministe francophone, tenu à Paris les 23 et 24 novembre 2023, que la Société francophone de philosophie féministe (SFPF) a été fondée en avril 2025. Elle poursuit un triple objectif : renforcer la visibilité des recherches en philosophie féministe afin d’en affirmer l’importance, la diversité et la richesse ; nourrir et approfondir la réflexion théorique à travers des échanges internationaux ; et favoriser l’interconnaissance ainsi que la coopération, dans le but de contribuer à la structuration du champ, à la fois à l’échelle locale et dans une perspective transnationale.
Le congrès :
Face à la multiplication des crises politiques, sociales et environnementales, et devant l’intensification des offensives masculinistes, racistes, sexistes et lesbo-trans-homophobes, de nombreuses initiatives de résistance émergent, notamment au sein du champ de la pensée féministe. La deuxième édition du Congrès de philosophie féministe francophone entend ainsi mettre en lumière les résistances et les utopies féministes, passées, présentes et à venir, à partir d’une pluralité de perspectives et de traditions philosophiques.
Quels outils conceptuels et théoriques les philosophies féministes offrent-elles pour contester, affronter et combattre les multiples formes de domination – capitalistes, racistes, hétéropatriarcales, validistes et coloniales ? Et, en retour, quels imaginaires politiques, éthiques et esthétiques de l’émancipation contribuent-elles à faire émerger et à nourrir ?
Le cadre épistémologique :
Les renouvellements théoriques qui accompagnent les luttes féministes participent à faire vivre la philosophie. Dans le même temps, la critique de la philosophie occidentale traditionnelle invite à repenser la philosophie féministe dans une perspective transnationale et décoloniale, tout en interrogeant ses lieux et ses pratiques de production des savoirs. Face à la crise multiforme actuelle, il apparaît plus que jamais nécessaire de pouvoir s’appuyer sur les ressources critiques et créatives de la philosophie féministe.
Celle-ci parle une multitude de langues qui se traduisent et permettent un échange à travers des frontières et barrières diverses et variées. L’internationalisme féministe est une longue tradition dans laquelle la SFPF souhaite s’inscrire et qu’elle cherche à poursuivre. Se rencontrer en français n’est pas une initiative consistant pour nous à hiérarchiser des espaces linguistiques ou à prolonger l’histoire coloniale de la francophonie, notamment dans le monde académique. Au contraire, l’espace francophone que nous créons par cette société et ce congrès comprend le français comme étant habité et traversé par bien des langues, héritier d’histoires violentes et résistantes dont nous souhaitons qu’elles soient abordées lors de nos activités.
Les propositions de communication pourront s’intéresser aux axes suivants :
- ÉPISTÉMOLOGIES FÉMINISTES ET CRITIQUES DU SAVOIR
- Résistances aux épistémologies dominantes (objectivisme, universalisme abstrait)
- Réflexions sur les injustices épistémiques, les silenciations et la reconnaissance épistémique
- Perspectives féministes décoloniales : savoirs situés, refus épistémique, coalition cognitive
- Transmissions. Féminisme et pédagogie
- Devenirs féministes de la philosophie
- Histoire des femmes philosophes dans l’Antiquité, Moyen-âge, Modernité
- Le genre dans l’histoire de la philosophie
- RÉSISTANCES POLITIQUES, STRUCTURES DE DOMINATION ET ÉMANCIPATION
- Critiques féministes du capitalisme, du libéralisme, du nationalisme, du racisme structurel
- Féminisme et écologie, lutte contre l’extractivisme, les impérialismes et les violences d’État
- Solidarités, intersectionnalités et coalitions féministes
- Figures et formes contemporaines de résistance : assemblées, grèves, manifestations, action directe
- Expérimentations féministes, utopies concrètes, politiques préfiguratrices
- Refuges, contres-espaces et résistances spatiales féministes
- Résistance technologiques, technologies et IA féministes, (dé)colonialisme numérique
- Analyses de la reproduction
- CORPS, VIOLENCES, VULNÉRABILITÉS ET RÉSISTANCES
- Penser les VSS depuis la philosophie
- Corps féminins/queers/trans/racisés/handis/ouvriers comme lieux de contrôle et de subversion
- Politisation de la santé, du care, du handicap
- Politisation de la procréation
- Mouvements de résistance corporelle : performances, artivisme, esthétique féministe
- Résistances dans l’ESR : précarités et solidarités
- SURPRISES. CE QU’IL NOUS RESTE À PENSER
- Inventivités et inventions, trouvailles féministes
- Cette section est laissée volontairement très succincte afin de vous permettre de nous surprendre…
Les propositions de communication sont chaleureusement encouragées, quel que soit le statut ou le parcours des personnes qui les soumettent – professeur·es titulaires, doctorant·es, étudiant·es, chercheur·es indépendant·es ou militant·es. Le congrès souhaite offrir un espace d’échange ouvert et accueillant, attentif à la diversité des voix et des expériences.
Critères de soumission :
Les propositions de communication individuelle ou de panels (4 personnes maximum + une modératrice) feront 3000 signes tout inclus maximum (ou 4x 3000 signes + un texte global de 3000 signes maximum), ainsi qu’une ou plusieurs courte biographie (indiquant notamment votre statut et rattachement), ainsi que le ou les axes envisagés, sont à envoyer avant le 10 mai via le lien suivant.
Pour plus d’informations, c’est ici.


